Quel capital pour devenir rentier : calcul et temps nécessaire

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Dernière mise à jour de l’article le 15 juin 2024 par Vincent | financetarente

Vivre de ses rentes est le rêve de bon nombre d’investisseurs. Imaginez ne plus avoir à travailler, profitez de la vie et pouvoir vivre confortablement grâce à vos revenus passifs, en bref être libre financièrement ! Mais une question se pose : quel capital pour devenir rentier ? Pour répondre à cette question, il faut commencer par déterminer le capital nécessaire pour générer une rente suffisante pour pouvoir en vivre.

Selon une enquête de 2024, environ 45 % des Français considèrent l’indépendance financière comme une priorité. Dans cet article, nous vous guiderons à travers les calculs indispensables pour estimer ce capital, en tenant compte de l’inflation et des différentes stratégies d’investissement à votre portée. Nous explorerons également comment utiliser les enveloppes fiscales avantageuses, telles que le PEA et l’assurance vie, pour diminuer la durée pour atteindre votre capital cible maximiser vos rendements nets. Enfin, nous aborderons ensemble l’importance de diversifier vos sources de revenus passifs et de maintenir une révision régulière de votre plan d’investissement dans le cas où votre situation change sensiblement, car si c’est le cas votre capital nécessaire pour vivre de vos rentes est à revoir également.

Comprendre le concept de rente

Une rente se définit comme un revenu régulier généré par votre capital sans que vous ayez besoin de travailler activement (aussi appelé revenu passif). Les sources courantes de rentes peut-être des dividendes d’actions, des loyers des biens immobiliers, des intérêts de comptes d’épargne ou des obligations.

Les dividendes d’actions, par exemple, sont des paiements réguliers faits aux actionnaires par les entreprises, souvent trimestriels, issus de leurs bénéfices. Les loyers des biens immobiliers proviennent de la location de propriétés résidentielles ou commerciales que vous possédez. Les intérêts de comptes d’épargne et d’obligations, quant à eux, sont des revenus générés par des placements financiers plus sûrs, comme les livrets d’épargne ou les obligations d’État. Tous sont versés de manière passive et automatique, d’ou l’utilisation du terme rente.

Vous souhaitez allez plus loin que simplement savoir le capital nécessaire pour y parvenir mais avoir un guide complet pour savoir comment faire ? Consultez notre article sur comment devenir rentier, qui explique en détail différentes approches pour bâtir votre propre stratégie financière et comment faire pour atteindre ce capital de A à Z.

Calculer le capital nécessaire

Indiquez la rente mensuelle souhaitée et le taux de rendement de vos investissements pour connaître instantanément le capital nécessaire !

Calculateur de Capital

Quel capital pour une rente de … € par mois ?

Pour obtenir un revenu mensuel de 2 000 €, en plaçant à un taux annuel de 6,0 %, il vous faut un capital de :
400 000 €

Évaluer son budget annuel

La première étape consiste à estimer combien d’argent vous avez besoin chaque année pour couvrir vos dépenses. Cette évaluation doit inclure tous les aspects de votre vie quotidienne : logement, nourriture, vêtements, loisirs, santé, etc. Réaliser cette estimation peut sembler fastidieux, mais c’est le point de départ pour établir un plan financier solide de votre avenir.

Voici quelques catégories à considérer dans votre budget :

  • Logement : loyer ou prêt immobilier, assurances, taxes foncières, maintenance
  • Nourriture : épicerie, restaurants, boissons
  • Transport : voiture, essence, transports en commun
  • Loisirs : sorties, vacances, hobbies
  • Santé : mutuelle, soins médicaux non remboursés

Pour une estimation plus précise, vous pouvez également prendre en compte une part de dépenses imprévues. N’oubliez pas de vous constituer un fond d’urgence. Ce fonds agit comme un filet de sécurité, vous permettant de faire face à des situations imprévues sans mettre en péril vos finances. En général, ce fonds devrait couvrir entre trois à six mois de vos dépenses habituelles​. Pensez à rester flexible avec vos dépenses annuelles. En ajustant vos retraits en fonction de la performance de votre portefeuille (réduire les retraits pendant les mauvaises années et augmenter légèrement pendant les bonnes années si vous en avez besoin), vous pouvez prolonger la durabilité de votre capital​

Mettre en forme un budget précis offre une vue claire du montant dont vous aurez besoin annuellement afin de maintenir votre qualité de vie. Supposons, par exemple, que ce montant s’élève à 30 000 euros par an.

La règle des 4% : Principe et application

Une méthode populaire pour déterminer le capital nécessaire pour devenir rentier est la règle des 4%. Elle stipule que vous pouvez retirer 4% de votre capital chaque année tout en maintenant une certaine sécurité financière. Cela permet à votre capital de croître suffisamment pour compenser l’inflation et vous assurer de ne pas manquer d’argent sur le long terme.

La règle des 4% provient de la « Trinity Study », une étude réalisée par des professeurs de finance de l’Université de Trinity. Cette étude a analysé divers portefeuilles de retraités pour voir quel taux de retrait annuel permettrait de ne pas épuiser le capital sur une période de 30 ans. Retirer 4% du capital initial chaque année, ajusté pour l’inflation, a montré une probabilité élevée de succès.

Voici comment appliquer cette règle : si vous avez estimé votre budget annuel à 30 000 euros, vous divisez cette somme par 0,04 (4%). Cela signifie que vous avez besoin d’un capital de 750 000 euros pour générer 30 000 euros par an de revenus passifs (30 000 / 0,04 = 750 000).

Cependant, cette règle a ses limites. Elle repose sur des données historiques de marché, ce qui signifie qu’elle est basée sur la performance passée des actions et des obligations. Or, rien ne garantit que les rendements futurs seront similaires. Les taux d’intérêt étaient beaucoup plus élevés à l’époque de l’étude qu’ils ne le sont aujourd’hui. La définition de « succès » dans cette étude est de simplement avoir un capital positif après 30 ans, même s’il est minime. Pour beaucoup, ce n’est pas suffisant, surtout si l’objectif est de maintenir un niveau de vie confortable sur une période plus longue. Une grande crise financière en début de retraite pourrait aussi réduire considérablement votre capital, rendant un retrait de 4% insoutenable.

En résumé, bien que la règle des 4% soit un très bon point de départ, elle doit être appliquée avec prudence et ajustée selon les conditions économiques actuelles, vos objectifs personnels et l’évolution du rendement de votre portefeuille d’investissement.

Prendre en compte les impôts

Les retraits et autres revenus passifs sont souvent sujets à l’impôt. Vous devez donc tenir compte de la fiscalité applicable à vos revenus futurs pour ajuster votre calcul de capital nécessaire. Par exemple, en France, les dividendes d’actions et les intérêts peuvent être soumis à un prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30%. Si vos revenus passifs proviennent de plusieurs sources avec des taux d’imposition différents, établir une moyenne pondérée pourrait vous aider à obtenir une estimation plus précise de vos besoins réels en capital​.

Simulation d’investissement très peu risqué

Imaginons une situation où vous souhaitez minimiser les risques autant que possible. Vous choisissez donc d’investir uniquement dans des obligations gouvernementales considérées comme sûres, mais avec des rendements assez bas, disons autour de 2% net d’inflation. Pour obtenir ces 30 000 euros de revenu annuel, vous nécessiterez un capital beaucoup plus élevé qu’avec l’application de la règle des 4%, soit environ 1 500 000 euros (30 000 / 0,02 = 1 500 000).

Scénario équilibré

Un autre scénario pourrait inclure un portefeuille mixte d’actions (idéalement un ETF solide type SP500 ou MSCI World qui historiquement propose un bon rendement tout restant sur une gestion passive), d’obligations et d’immobilier procurant un rendement moyen de 5 à 7%. Dans ce cas, le capital requis diminuerait sensiblement à 600 000 euros (30 000 / 0,05 = 600 000).

Ne visez pas des rendements trop élevés si cela nécessite de prendre des risques excessifs en vous surexposant avec des produits exotiques. Vous pourriez perdre plus que vous ne gagnez à long terme. Mieux vaut investir dans des valeurs solides pour faire croître votre capital tout en le protégeant, soyez prudent.

S’adapter aux fluctuations économiques (et de votre taux de rendement)

Si vous le pouvez, pensez à être flexible avec vos retraits. Réduisez vos dépenses pendant les années de mauvais rendement et profitez davantage lorsque les marchés sont favorables. Ayez aussi une épargne de précaution pour faire face aux imprévus sans toucher à votre capital investi. Diversifiez vos investissements : une part plus importante d’actions peut offrir de meilleurs rendements à long terme, mais cela doit être équilibré avec des actifs moins volatils comme les obligations. Passez en revue vos dépenses mensuelles en détaillant vos dépenses fixes (loyer, assurances, etc.) et variables (alimentation, loisirs, etc.). Cette analyse permet d’identifier les domaines où vous pourriez réduire les coûts si nécessaire et ceux qui doivent absolument être couverts.

L’impact de l’inflation

L’inflation réduit le pouvoir d’achat au fil du temps, et c’est un facteur important à prendre en compte lorsqu’on devient rentier. Un capital qui semble suffisant aujourd’hui pourrait ne pas l’être dans dix ou vingt ans. À titre d’exemple, si l’inflation annuelle est de 2%, les 30 000 euros nécessaires aujourd’hui équivaudront à environ 36 600 euros dans dix ans​.

Pour mieux comprendre l’impact de l’inflation, vous pouvez suivre les indicateurs économiques comme l’indice des prix à la consommation (CPI) qui mesure l’évolution des prix des biens et services​​. Une approche prudente pourrais consister à prévoir une inflation de 3% par an pour éviter les mauvaises surprises et maintenir un niveau de vie stable.

Les stratégies pour accumuler le capital nécessaire

Une fois que vous avez déterminé le montant de capital requis, plusieurs stratégies peuvent être mises en place pour l’accumuler. Voici quelques-unes des méthodes les plus courantes utilisées par les investisseurs avisés.

Épargne régulière et intérêts composés

La méthode la plus simple consiste souvent à épargner régulièrement et laisser les intérêts composés agir avec le temps. Si vous pouvez mettre de côté une partie importante de vos revenus chaque mois et investir cette somme dans des véhicules offrant un bon rendement, vous parviendrez à croître votre portefeuille. Par exemple, en investissant 500 € par mois à un taux d’intérêt annualisé de 7 %, au bout de 30 ans, vous aurez amassé près de 600 000 € grâce aux intérêts composés​.

Pour maximiser cette stratégie, vous devez commencer tôt. Investir dès le début de sa carrière permet de tirer pleinement parti de la puissance des intérêts composés. Par exemple, mettre 100 € de côté chaque mois à partir de 20 ans peut générer plus de 200 000 € à la retraite, même avec un taux de rendement relativement faible de 5%​​.

Diversification de votre portefeuille

Le risque est inévitable en investissement, mais il peut être amoindri par la diversification. Diversifier ses investissements permet de répartir les risques et d’améliorer potentiellement les rendements tout en préservant votre capital. Voici quelques options pour diversifier votre portefeuille :

  • Actions : investir dans diverses industries et zones géographiques pour répartir le risque.
  • Immobilier : propriétés résidentielles, commerciales ou même terrains agricoles. Les SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) peuvent être un bon moyen de s’exposer au marché immobilier sans les tracas de la gestion locative.
  • Obligations : gouvernementales, municipales, corporatives, qui offrent des revenus fixes et sont souvent moins volatiles que les actions.
  • Produits alternatifs : matières premières, fonds spéculatifs, Private Equity, qui peuvent offrir des rendements élevés mais comportent aussi des risques plus importants.

Pour renforcer davantage la diversification, inclure des fonds indiciels (ETFs) et des Real Estate Investment Trusts (REITs) peut augmenter le rendement global et la stabilité du portefeuille. Une nouvelle tendance à considérer est la tokenisation immobilière, qui permet de fractionner un bien immobilier en tokens numériques sur une blockchain. Par exemple, la plateforme RealT permet d’investir dans des biens immobiliers tokenisés aux États-Unis. En achetant des tokens RealT, vous pouvez devenir copropriétaire de biens immobiliers et recevoir des loyers proportionnels à votre investissement, le tout sans gestion active et devenir rentier immobilier en ligne. Pour plus d’informations sur la tokenisation immobilière et comment investir avec RealT, vous pouvez consulter notre avis sur RealT.

Utilisation judicieuse des enveloppes fiscales

Tirer parti des avantages offerts par certaines enveloppes fiscales comme le PEA et l’assurance vie peut améliorer sensiblement votre rendement net après impôts. Ces produits permettent des défiscalisations avantageuses qui supportent l’accroissement de votre capital. Par exemple, l’assurance vie offre une fiscalité avantageuse sur les gains après huit ans de détention, et le PEA permet de bénéficier d’une exonération d’impôts sur les plus-values après cinq ans.

Pour illustrer l’avantage fiscal du PEA, comparons-le à un compte-titres classique soumis à une flat tax de 30%. Supposons que vous réalisiez un gain de 10 000 € sur un an sur votre investissement. Dans un compte-titres classique, vous seriez imposé à 30% sur vos gains (prélèvement forfaitaire unique comprenant 12,8% d’impôt sur le revenu et 17,2% de prélèvements sociaux). Cela réduirait votre gain net à 7 000 € (10 000 € – 30%).

Dans un PEA, après cinq ans, les gains sont exonérés d’impôt sur le revenu mais restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2%. Donc, sur un gain de 10 000 €, vous paierez 1 720 € de prélèvements sociaux, ce qui vous permet de conserver 8 280 € (10 000 € – 17,2%)​. Cette optimisation fiscale avec le PEA permet de conserver une plus grande partie de vos gains, qui peut considérablement accélérer la croissance de votre capital à long terme et nécessite moins de capital qu’avec une imposition plus importante.

Autre exemple, utiliser des comptes de retraite tels que les 401(k) et les IRAs si vous résidez aux États-Unis permet de profiter des déductions fiscales immédiates ou des retraits exonérés d’impôt selon le type de compte choisi (traditionnel ou Roth). Par exemple, les contributions à un 401(k) traditionnel sont déductibles des impôts, ce qui réduit votre revenu imposable actuel et permet à votre épargne de croître en franchise d’impôt jusqu’à la retraite​.

L’expatriation fiscale afin diminuer le capital nécessaire pour vivre de ses rentes

Dans certains cas, l’expatriation fiscale peut être une stratégie pour partir plus vite à la retraite. En choisissant de vivre dans un pays avec une fiscalité plus favorable, vous pouvez réduire vos impôts sur le revenu et les gains en capital, ce qui vous permet d’avoir besoin de moins de capital pour vivre de vos rentes, ou alors afin de réinvestir ces économies pour faire croître votre capital encore plus. Par exemple, des pays comme Monaco, les Émirats Arabes Unis et certaines îles des Caraïbes offrent des taux d’imposition très bas, voire nuls sur les revenus et les gains en capital​.

Prenons un exemple concret. Si vous vivez en France avec une flat tax de 30% et que vous réalisez un revenu annuel de 100 000 €, vous paierez 30 000 € d’impôts. En revanche, si vous vous expatriez à Dubaï où il n’y a pas d’impôt sur le revenu, vous conserverez la totalité de vos 100 000 €, que vous pourrez réinvestir pour augmenter votre niveau de vie ou accélérer la croissance de votre capital.

Sauf qu’il faut clairement nuancer : l’expatriation ne doit pas être motivée uniquement par des considérations fiscales. Vous devez prendre en compte plusieurs facteurs tels que le climat, le coût de la vie, la culture locale, la qualité des soins de santé, la sécurité et le cadre de vie global. Une décision d’expatriation doit être mûrement réfléchie et alignée avec vos aspirations personnelles et professionnelles​, ce n’est pas une décision à prendre à la légère.

Conclusion

En adoptant ces stratégies, vous serez bien équipé calculer le montant nécessaire pour partir à la retraite et vivre de vos rentes, en saisissant les opportunités d’investissement tout en minimisant les risques. Avec une planification rigoureuse, une gestion avisée du travail et beaucoup de patience, vous pouvez transformer votre rêve de liberté financière en réalité !

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